Affichage des articles dont le libellé est insectes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est insectes. Afficher tous les articles

lundi 8 mai 2023

Safari pédestre autour des lacs de la Coudoulière

Date : 4 mai 2023 - Durée : 4 heures (14h15 - 18h15)

Ce matin du 4 mai, je reçus sur mon smartphone un MMS de Jean-Paul me demandant quel était le nom de l'échassier figurant sur la photo jointe au message. Je lui répondis que c'était une échasse blanche et me mis en quête d'organiser dans l'après-midi, un circuit photos autour du lieu où elle avait été aperçue.

En cherchant dans mes archives je constatai que la dernière photo prise de ce petit échassier remontait à juin 2012, d'où l'intérêt suscité par cet évènement inhabituel. 

Donc, comme dit plus haut, départ du domicile à 14h15. 

A peine sorti de chez moi, sur le mur crépi de l'immeuble était posé un insecte ailé. Photographies rapides au flash de l'insecte vu de dessus et latéralement pour identification.

Grâce à la présence d'une écaille plate et dressée, située entre le thorax et l'abdomen, on peut dire que nous sommes en présence d'une fourmi ailée. Appartenant au même ordre (Hymenoptères) que les abeilles et les guêpes, cette fourmi gâte-bois (Camponotus ligniperda) affectionne les troncs d'arbre en décomposition.

Camponotus ligniperda (vu de dessus)

Camponotus ligniperda (vu latérale)

Il ne s'agit pas de se laisser distraire par du menu fretin, aussi intéressant soit-il, donc direction le lac long où a été vu le petit échassier.

L'échasse blanche est bien là, en train de picorer le gazon sur lequel vit un microcosme constitué d'insectes et d'autres petits animaux. Elle ne semble pas perturbée par le passage sur la route des véhicules passant à quelques mètres d'elle. Je reste sur le trottoir, de l'autre côté de l'avenue du Lac, pour ne pas l'effrayer et la photographier en utilisant le zoom à outrance. Impassible, elle continue à chercher pitance dans l'herbe, se déplaçant vivement grâce à ses longues pattes.

Ce sont deux douzaines de photos de bonne facture que je pris du petit échassier connu sous le nom scientifique de Himantopus himantopus.

Himantopus himantopus

Himantopus himantopus ayant capturé un lombric

Continuons l'exploration. Direction le bout du lac, là où il y a une source l'alimentant. 

Une cane colvert (Anas platyrhynchos) surveille ses cinq petits canetons qui fouillent vivement la vase de surface riche en planctons. Elle a fort affaire avec ses rejetons turbulents qui s'éloignent d'elle, sans se soucier des dangers qui peuvent survenir à tous moments.

Maman Anas platyrhynchos a fort affaire avec ses cinq canetons

Anas platyrhynchos femelle avec un de ses canetons

Un mouvement dans l 'eau. S'agirait-il d'un gros black-bass attiré par le bruit que font les canetons sur l'eau ? En fait ce sont des grosses carpes koï qui, elles aussi, farfouillent la vase pour se nourrir.

Carpe koï blanche et rouge

J'enjambe le ru pour contourner le lac long et entamer le retour par le chemin de berge. Deux tortues de Floride (Trachemys scripta) se prélassent au soleil. Ayant entendu le crissement de mes chaussures sur le gravier, elles lèvent la tête pour apprécier la nature du danger... puis continuent à somnoler et faire bronzette !

Trachemys scripta se prélassant au soleil

A mi-chemin, des goélands leucophées (Larus michahellis) s'agitent sur l'eau comme pour se débarrasser du sel marin déposé sur leurs plumes lors de leurs activités en mer.

Larus michahellis s'agitant sur l'eau

Me voilà arrivé près des deux ilôts. Là il y a toujours des couples de colverts (Anas platyrhynchos), des canards de Barbarie (Cairina moschata) et une multitude de pigeons bisets (Columba livia) qui s'avancent vers les promeneurs pour quémander un bout de pain.

Anas platyrhynchos mâle

Couple de Cairina moschata

Les volatiles n'insistent pas car je n'ai pas d'aliments pour eux. D'ailleurs un panneau informatif indique qu'il est interdit de nourrir les animaux et qu'elles en sont les raisons.

Je traverse l'ancien chemin vicinal de la Coudourière (avec deux R s'il vous plaît) et me retrouve sur le petit pont en bois. Là des demoiselles (entendez des odonates zygoptères !) se réunissent sur les roseaux pour s'accoupler. Ce sont principalement des agrions élégants (Ischnura elegans) reconnaissables à l’extrémité de leur abdomen, marqué de bleu ciel lorsqu'ils sont arrivés à maturité.

Ischnura elegans mâle

Ischnura elegans femelle

Alors que je me trouvais sur le pont en train de photographier ces charmantes demoiselles, surgit un serpent brun et noir d'environ 1m20 qui se faufila entre les nymphéas et pénétra dans le massif de roseaux où il disparut. C'était une couleuvre à collier (Natrix helvetica), bonne nageuse et bonne chasseuse à la recherche de proies, dans la végétation le long des berges ou dans l'eau.

Natrix helvetica se déplaçant sur les nymphéas

Natrix helvetica (détail)

De l'autre côté du pont, une gallinule poule d'eau (Gallinula chloropus), ignorant le danger tout proche, avait quitté les roseaux où elle avait nidifié, pour aller se nourrir de graines.

Gallinula chloropus cherchant des graines au sol

Tournoyant dans le ciel, des échassiers non identifiés cherchaient dans les grands arbres des branches hautes où se poser. Il y avait de fortes chances pour qu'ils aillent se poser sur les arbres face au Rouveau. Je décidais alors de partir sur ma gauche et emprunter la berge extérieure du lac de l'anneau.

Chemin faisant, je croisais les habituels pigeons domestiques (Columba livia) que côtoyait un pigeon blanc bagué.

Columba livia blanche baguée

Mêlées aux pigeons domestiques, des tourterelles turques (Streptopelia decaocto) étaient venues chercher des graines sauvages dissimulées dans la pelouse verdoyante.

Streptopelia decaocto

En scrutant les cimes des arbres, je remarquais deux gros pigeons haut perchés. Ce n'étaient pas des pigeons domestiques mais des pigeons ramiers (Columba palumbus). Ils se tenaient dans l'ombre des feuillages, à peine éclairés par les rayons obliques du soleil.

Columba palumbus perché sur une branche

Columba palumbus (détails de la tête)

Chemin faisant j'arrivais près des grands arbres où avaient habitude de se reposer les grands échassiers, lors de leurs migrations. Plusieurs oiseaux étaient posés sur les branches majeures. Les sujets étant éloignés, je pensais avoir affaire à des hérons pourprés (Ardea purpurea), mais dès la première photo obtenue au zoom maxi, je reconnus les bihoreaux gris (Nycticorax nycticorax).

Ils se tenaient par petits groupes, sur les plus hautes cimes des arbres, de telle sorte qu'on pouvait les apercevoir de loin. Ces oiseaux-là sont d'une méfiance inouïe. Il suffit que l'un de leurs congénères donne l'alerte pour que tout le groupe s'envole ! De plus ils sont attaqués par des corneilles noires (Corvus corone), territoriales, qui les font fuir !

Néanmoins, malgré ces aléas et la distance de prise de vues, je pus faire une dizaine de photos exploitables car jusqu'à présent je n'avais photographié que des individus isolés, la dernière photo d'un bihoreau gris remontant à avril 2015.

Nycticorax nycticorax haut perchés

Nycticorax nycticorax adulte (à gauche) et juvénile (à droite)

Satisfait d'une après-midi riche en évènements, je regagnais mon domicile. 

Arrivé à quelques mètres de chez moi, je remarquais un cousin (pas germain) de l'espèce Tipule à lunule (Tipula lunata) reconnaissable à la tache blanche sur ses ailes. Ce diptère a l'apparence d'un gros moustique, mais rien à craindre, ce n'est pas un insecte piqueur.

Tipula lunata a l'apparence d'un gros moustique

Tipula lunata (gros plan)

Voilà, mon périple touche à sa fin. Il aura duré 4 heures. Je l'ai débuté avec un insecte et je le clos avec un autre insecte, ainsi on peut dire que la boucle est bouclée... 

Photos : RHP Collection

mardi 7 mars 2023

Les insectes invasifs de la Coudoulière

Article publié le 14 juillet 2014
Dernière mise à jour : 7 mars 2023

Par définition, une espèce invasive est une espèce exotique qui peut nuire à la biodiversité autochtone dans laquelle elle a été introduite. On connait les effets néfastes de l'algue verte "tueuse" (Caulerpa taxifolia) après son introduction accidentelle en milieu marin depuis l'aquarium de Monaco, et observée dans la baie du Brusc. On connait aussi les dégâts que peut causer dans les plans d'eau de la Coudoulière les petites tortues de Floride carnivores (Trachemys scripta elegans) qui peuvent en grandissant devenir très voraces et dépasser les 30 cm. Dans les lacs du domaine de la Coudoulière, lors d'un alevinage en gardons, furent introduits accidentellement des perches-soleils (Lepomis gibbosus), originaires d'Amérique du Nord. La multiplication de ces carnassiers a contribué à la raréfaction des gardons (Rutilus rutilus) et des gambusies (Gambusia affinis) dont elles mangent les oeufs et les jeunes individus. Les espèces végétales exogènes sont aussi à surveiller car leur prolifération nuit au développement des plantes locales. Citons à la Coudoulière les griffes de sorcières (Carpobrotus edulis) originaires d'Afrique du Sud et les herbes de la Pampa (Cortaderia selloana) originaires d'Amérique du Sud.

12 des 17 insectes venus d'ailleurs
 
Dans cet article, nous allons nous intéresser plus particulièrement aux insectes. Dans le quartier de la Coudoulière, j'ai recensé 22 espèces d'insectes venus d'ailleurs et introduits en France volontairement ou accidentellement. Commençons par les "gentils" insectes introduits chez nous pour contribuer à la lutte biologique.

1 - les coccinelles asiatiques  (Harmonia axyridis)

5/10/2013 - allée des Cèdres
 
Originaires de Chine, elles ont été introduites massivement dès 1980 dans de nombreux pays pour lutter contre les pucerons dont elles se nourrissent. Cependant, par leur comportement agressif, leur prolificité et leur voracité, elles sont devenues au fil du temps des espèces invasives nuisibles pour les coccinelles autochtones aphidiphages qu'elles tendent à éliminer. Elles présentent une large gamme de coloris, allant du rouge à points noirs au noir à points rouges, en passant par de nombreuses nuances de jaune. Leurs élytres peuvent être ornés de points (jusqu'à dix neuf) ou en être dépourvus.

2 - les coccinelles australiennes  (Rodolia cardinalis)

11/6/2014 - les Jardins d'Azur
 
En Australie, ce sont des prédatrices naturelles de la cochenille floconneuse des agrumes (Icerya purchasi). Elles ont été importées en Europe vers la fin du XIXe siècle pour lutter contre ce fléau. Ces coccinelles sont les grandes championnes incontestées de la lutte biologique. D'une part, grâce à elles on peut éviter d'avoir recours aux traitements chimiques, et d'autre part, vu qu'elles sont monophages, elles ne nuisent pas aux autres insectes. Elles mesurent environ 3 mm. Leur tête et leur thorax sont noirs. Les élytres sont noirs avec des dessins rouges en forme de chevrons. Leurs pattes sont d'une coloration orangée.

3 - les mouches soldats noires  (Hermetia illucens)

23/6/2014 - berge extérieure du lac de l'anneau
 
Connues outre-atlantique sous le nom de "black soldiers fly", ce sont des diptères (mouches) originaires du continent américain. Le premier spécimen a été signalé à Toulon en 1951. Longs d'environ 17 mm, ils possèdent un thorax et une tête noirs et des ailes fumées. Leurs yeux sont gris tachetés de noir. Leurs pattes sont noires avec les derniers segments jaunâtres. Quant à leur abdomen, il est brun, pouvant présenter une extrémité rougeâtre. Les femelles pondent sur des substrats d'origine végétale ou animale en voie de décomposition qui serviront de nourriture aux futures larves. Celles-ci se développent en consommant ces déchets, ce qui en fait des hôtes des composts remarquables et explique leur utilisation pour la bioconversion. Bien que ce soient des espèces invasives, elles ne sont pas considérées comme nuisibles. En effet les adultes sont inoffensifs et les larves sont particulièrement intéressantes dans la gestion et la valorisation des déchets.

4 - les abeilles italiennes  (Apis mellifera ligustica)

6/6/2014 - parc de la Méditerranée
 
Appelées également abeilles jaunes à cause de la couleur des premiers tergites de leur abdomen, ce sont des sous-espèces d'abeilles à miel apparues au sud des Alpes italiennes. Actuellement elles occupent 20% du cheptel français, après les abeilles noires (Apis mellifera mellifera) et les abeilles européennes (Apis mellifera). Elles sont très appréciées des apiculteurs par leur couvain abondant et précoce, et pour la fabrication de paquets d'abeilles et de gelée royale. Revers de la médaille : elles sont pillardes, sensibles aux maladies et aux hivers rigoureux. De plus elles se révèlent agressives quand elles sont coupées avec des mâles noirs.

5 - les mouches médico-légales  (Synthesiomyia nudiseta) 

3/1/2019 - allée des Cèdres
 
C'est un espèce de mouches non répertoriée en France jusqu'à ce que je la photographie en janvier 2019 et qu'elle soit identifiée par des spécialistes en diptères que j'ai contactés. Auparavant cette espèce avait été répertoriée en Amérique du Nord, au Brésil, au Costa Rica, en Malaisie, en Polynésie, et plus récemment au Portugal, en Espagne (Grenade) et en Italie (Naples). D'une longueur de 7 à 10 mm, c'est l’une des plus grandes mouches de la famille des Muscidae. Elle possède une paire d'ailes antérieures et des ailes postérieures appariées, réduites en licou, qui aident à la stabilité et au mouvement pendant le vol. Son abdomen gris, avec un motif ressemblant à un damier, se termine par un segment jaune et orangé. Elle est également reconnaissable à sa nervation alaire, à sa coloration générale noire et grise, à ses antennes orangées et aux quatre bandes longitudinales noires de son thorax. Il a été démontré que ses larves jouent un rôle important dans la décomposition des cadavres, d'où leur aptitude pour estimer l'intervalle post-mortem (PMI) qui sert à déterminer le jour du décès en cas d'enquête judiciaire.

6 - les lygées des platanes  (Belonochilus numenius)

3/7/2022 - corniche de la Coudoulière
 
C'est un petit hémiptère mesurant environ 7 mm, de coloration brune, de forme allongée avec un museau pointu et qui vit dans le bassin méditerranéen. Originaire d'Amérique du Nord, il a été découvert en France en 2008. Outre son rostre particulièrement long, sans toutefois atteindre le dernier segment de l'abdomen, il possède une épine sur les fémurs des pattes antérieures, ce qui le distingue de Orsillus depressus qui en possède trois. Son arbre hôte est le sycomore américain (Platanus occidentalis). La femelle pond dans les boules de platanes, qu'elles soient sur l'arbre ou tombées au sol.

7 - les punaises assassines  (Zelus renardii) 

13/10/2022 - allée des Cèdres

C'est une punaise terrestre de forme allongée, d'environ 18 mm et de couleur brun-orangé. Sa tête et ses pattes sont de couleur verte et orangée. Ses yeux sonr rouge brun. Vu de dessous, l'abdomen est vert. Il est de couleur rouge sur le dessus, bien visible quand les ailes sont déployées. A la base du pronotum, on peut observer deux rangées d'excroissances ressemblant à un double collier de perles. Cette punaise a la particularité de secréter des substances collantes au niveau des pattes, servant à la capture des proies. En provenance de l'Amérique du Nord, cette espèce a été observée en 2019 dans le sud de la France. C'est une prédatrice qui se nourrit d’hémiptères, de chrysopes et d'hyménoptères, à la fois utile ou nuisible selon la proie capturée. On pourrait la confondre avec Zelus luridus, originaire aussi d'Amérique du Nord, mais cette dernière est dotée de deux pointes noires sur la partie la plus large du thorax.


Et maintenant les insectes qualifiés de "méchants"...

8 - les charançons rouges des palmiers  (Rhynchophorus ferrugineus)

11/10/2009 - résidence le Palmier
 
Considérés comme nuisibles pour les plantations de palmiers d'Asie et de Mélanésie, les CRP (abréviation de charançon rouge du palmier) ont atteint le Moyen-Orient, puis le bassin méditerranéen au milieu des années 1980. L'espèce est identifiée en octobre 2006, à Sanary, dans le Var. Elle a occasionné de nombreux dégâts dans notre quartier (domaine de la Coudoulière, parc de la Méditerranée et dans plusieurs propriétés) parmi les plantations de palmiers Phoenix qu'il a fallu abattre ou traiter. Comme leur nom l'indique, ce sont des charançons d'environ 35 mm, au corps brun-rouge, muni d'un rostre incurvé. Le pronotum est de même couleur avec quelques points noirs de formes et tailles variables. Les élytres, nervurées longitudinalement, sont rouge sombre et ne recouvrent pas complètement l'abdomen. Leurs larves dodues, d'un blanc crème, se nourrissent du coeur des palmiers. Les arbres infestés perdent alors leurs palmes, et meurent après pourrissement complet du tronc.

9 - les bombyx du palmier  (Paysandisia archon)

13/8/2013 - parc de la Méditerranée
 
Autres prédateurs des palmiers, ces papillons massifs sont dotés d'ailes supérieures et d'un corps de couleur brun ocré, et d'ailes postérieures orangées et blanches ornées de deux bandes noires. Originaires de l'Uruguay et du centre de l'Argentine, ces papillons ont été importés accidentellement avec des palmiers sur la Côte d'Azur en 2001. Ils ont envahi le littoral méditerranéen et les lieux plantés de palmiers dont ils se nourrissent. Depuis leur introduction accidentelle en Europe, ces bombyx deviennent un sujet de préoccupation important à cause des dégâts parfois irrémédiables provoqués sur les palmiers tant locaux qu’exotiques. L'an passé, plusieurs palmiers de la commune de Six-fours-les-plages ont été soumis à un protocole expérimental de lutte biologique pour combattre à la fois le charançon rouge et le bombyx du palmier avec un champignon (Beauvaria bassiana) qui a la particularité, après avoir été en contact avec l’insecte, de l’envahir puis le momifier.

10 - les bruns des pélargoniums  (Cacyreus marshalli)

27/9/2013 - maison du Cygne
 
Originaires d’Afrique (Afrique du Sud, Mozambique, Zimbabwe), ces papillons sont apparus en France pour la première fois en 1997, via les Baléares, dans des cargaisons de géraniums importées d'Afrique du Sud. Leurs chenilles se nourrissent des parties aériennes de la plante, notamment des fleurs et bourgeons floraux. Etant considérés comme nuisibles, leur destruction est obligatoire. Comment reconnaître ces petits papillons ? Ils sont de dominance brune, d'une envergure d'environ 30 mm. La face supérieure de leurs ailes sont d'un brun sombre avec une fine bordure noire piquetée de blanc. La face inférieure est de coloration gris brun, marquée de bandes sombres alternant avec des lignes plus claires. Les ailes arrière présentent un ocelle noir et se terminent par une petite queue fine, caractéristique de l'espèce.

11 - les cicadelles blanches  (Metcalfa pruinosa)

17/8/2014 - berge intérieure du lac de l'anneau
 
Appelés aussi cicadelles pruineuses, ces insectes hémiptères piqueurs-suceurs originaires d'Amérique du Nord ont été introduits accidentellement en Italie à la fin des années 1970, puis sont apparues dans le sud de la France en 1985. Se nourrissant de végétaux, les cicadelles exsudent un miellat qui attire divers hyménoptères dont les abeilles qui le transforment en miel. Une aubaine pour les apiculteurs car le miel de metcalfa est le seul à porter un nom d'insecte, mais un désastre pour les agriculteurs, car sur les dépôts de miellat se développe un champignon noirâtre, la fumagine, qui abime les récoltes. Les adultes sont très mobiles en été. D'abord de couleur blanche, ils brunissent pour enfin devenir bleu-gris. Très polyphages, ils s'attaquent à un très grand nombre d'espèces végétales dont les arbres fruitiers. Pour lutter contre les cicadelles, il a été introduit en Europe un hyménoptère (Neodryinus typhlocybae) prédateur et parasitoïde des larves de cicadelles.

12 - les punaises du pin  (Leptoglossus occidentalis)

31/12/2013 - allée des Cèdres
 
C'est une espèce originaire des Montagnes Rocheuses américaines (Californie, Oregon et Nevada) considérée comme invasive en Europe où elle est arrivée en 1990. Egalement appelées punaises américaines, ces punaises sont reconnaissables au dessin blanchâtre en forme de W que l'on peut voir sur leurs élytres. Elles se nourrissent de graines de conifères et de cônes en formation, suçant ainsi la sève de l'arbre. En l'absence de prédateurs, elles prolifèrent et envahissent les régions plantées de conifères.

13 - les pélopées courbées  (Sceliphron curvatum)

15/6/2014 - les Jardins d'Azur
 
Ce sont des guêpes maçonnes originaires des régions montagneuses de l'Asie, et notamment de l'Himalaya, apparues en Europe au début des années 1980. Elles se montrent localement invasives et pourrait concurrencer les espèces autochtones. Elles construisent de petites urnes en terre dans lesquels elles entreposent des araignées qu'elles ont paralysées par injection de venin. Ces araignées capturées, encore vivantes, serviront de nourriture à leurs larves. A ce titre, c'est un insecte nuisible car il s'attaque aux petites araignées qui se nourrissent d'insectes divers dont les moustiques. Les pélopées courbées mesurent entre 17 et 25 mm et sont reconnaissables à leur gastre allongé ou pétiole. Leur thorax est noir et jaune et leur abdomen est noir avec des bandes jaunes et orangées. Leurs pattes sont orangées et leurs antennes noires sont longues et recourbées.

14 - les pélopées maçonnes  (Sceliphron caementarium)

30/8/2014 - berge intérieure du lac de l'anneau
 
Comme les précédentes, ce sont aussi des guêpes maçonnes venues cette fois-ci de l'ouest (Amérique du Nord) et apparues dans le midi de la France dans les années 1970. Elles aussi se montrent localement invasives et pourrait donc concurrencer les espèces autochtones. Ces pélopées aux antennes recourbées sont facilement reconnaissables à leur corps noir et jaune, à leur forme allongée atteignant près de 30 mm et à leurs pattes jaunes et noires. Les ailes sont brunes et fumées. L’abdomen est porté par un long rétrécissement appelé pétiole. Ces guêpes ne sont pas agressives et ne piquent que quand elles se sentent en danger. Cependant leur piqûre est très douloureuse.

15 - les moustiques tigres  (Aedes albopictus)

3/9/2013 - les Jardins d'Azur
 
Ce sont des insectes piqueurs originaires d'Asie du sud-est faisant partie des cent espèces les plus invasives au monde. Ils sont arrivés en France en 2004, vraisemblablement dans les soutes d'avions transitant par l'aéroport de Nice, puis dans le Var en 2007. Ils ont été observés à la Coudoulière dès 2010. Leur abdomen et leurs pattes sont rayés de noir et blanc et leur ont valu le nom de tigre. Ce sont des insectes agressifs dont les femelles piquent le jour au niveau des chevilles. Leur piqûre est urticante et peut démanger pendant deux mois. C'est la salive, injectée lors de la piqûre pour fluidifier le sang de leur victime, qui peut être porteuse de germes et transmettre des maladies comme la dengue ou le chikungunya. On ne peut éradiquer massivement les moustiques tigres sans porter atteinte aux autres populations d'insectes. Il est seulement préconisé de détruire, autour et dans leur habitat, toutes les sources d’eaux stagnantes, gîtes potentiels de reproduction des moustiques... en attendant la solution miracle pour les éradiquer.

16 - les tigres du platane  (Corythucha ciliata)

13/8/2014 - allée des Cèdres
 
Appelés aussi punaises réticulées du platane, ce sont des insectes hémiptères originaires de l'est des Etats-Unis et du Canada. Observés pour la première fois en Italie en 1964, signalés à Antibes en 1975, ils se sont répandus depuis dans toute l'Europe centrale et méridionale. Ravageurs des platanes, ils se nourrissent en piquant la face inférieure des feuilles qui se décolorent et finissent par tomber. Longs de 2 à 3 mm, les tigres du platane ont un aspect blanc crémeux, avec des taches sombres au milieu des ailes transparentes et réticulées de blanc. Le prothorax porte une tache plus marquée. Leurs antennes d'un blanc sale se terminent en massue. Le traitement biologique se fait en trois phases : une phase de pulvérisation des vers nématodes sur le tronc des platanes en début de printemps ; puis des lâchers d'oeufs de chrysopes (Chrysoperla carnea) sur les feuilles des arbres deux mois après ; puis en juillet, à nouveau pulvérisation des vers nématodes chargés d’éradiquer le nuisible en s’y infiltrant. A noter que cette lutte biologique efficace n’entraîne aucune nuisance pour l’homme.

17 - les frelons asiatiques  (Vespa velutina)

24/10/2016 : allée des Cèdres
 
Ils sont apparus au port du Havre en 2004, cachés dans des poteries en provenance de Chine. Recensés dans l'est varois en 2012, ces hyménoptères invasifs s'attaquent aux abeilles mellifères et poursuivent leur progression vers d'autres départements. La sous-espèce Vespa velutina nigrithorax, qui est un frelon à pattes jaunes légèrement plus petit que le frelon européen, mesure environ 3 cm. Il est aussi reconnaissable à ses ailes sombres, son thorax noir, son abdomen sombre cerné d'un anneau jaune-orangé marqué d'un triangle noir. Il se nourrit de fruits mûrs et de nectar, mais pour nourrir ses larves, il capture différents insectes dont des abeilles, ce qui provoque une grande inquiétude parmi les apiculteurs et le classe dans la catégorie des insectes nuisibles. Il ne s'attaque pas à l'homme, sauf quand son nid de forme sphérique, fait de fibres de cellulose mâchée, est attaqué par lui.

18 - les bruches du Tonkin  (Megabruchidius tonkineus)

29/03/2017 : avenue du cap Nègre
 
Ce sont des coléoptères allochtones de la famille des Bruchides, d'environ 5 mm, importés d'Asie, et plus particulièrement du Nord Vietnam (ex Tonkin) d'où leur nom scientifique. Ils ont été observés pour la première fois dans le sud de la France en 2007. Leurs élytres bruns et blancs sont noirs en leur extrémités. Leur tête est noire et leurs pattes sont d'un brun clair comme une partie de leurs antennes. Ce ne sont pas des insectes nuisibles à proprement parler car leurs larves se développent essentiellement dans les graines contenues dans les gousses des Féviers épineux ou Féviers d'Amérique... importés en France !

19 - les euxesta  (Euxesta species)

17/06/2014 : allée des Cèdres
 
Ce sont de petits diptères brachycères de la famille des Ulidiidae, d'environ 3 mm pour le mâle et 4 mm pour la femelle. Ces diptères venus du Nouveau Monde sont d'aspect brun noir, avec des pattes brunes et des ailes translucides marquées de quatre tâches également brunes. Leurs larves se nourriraient de graminées et en particulier de maïs doux, causant de grands dommages dans les plantations. Fort méconnus, ils auraient été introduits en France accidentellement.

20 - les punaises diaboliques (Halyomorpha halys)

13/08/2020 : corniche de la Coudoulière
 
Appelées aussi punaises marbrées, ce sont une espèce d'insectes hémiptères de la famille des Pentatomidae, originaire d'Asie de l'est (Chine, Corée, Japon). Elles sont arrivées en Europe en 2010, puis repérées en Italie en 2012 pour passer dans le sud-est de la France en 2015. Comparée à sa cousine autochtone la punaise nébuleuse (Rhaphigaster nebulosa) avec laquelle elle a de nombreux points communs, elle s'en différencie par l'absence d'aiguille abdominale, par une membrane striée de brun, des angles pronotaux plus saillants, une allure générale plus aplatie, et surtout par la répartition des anneaux blancs antennaires. Cette punaise est polyphage, se nourrissant principalement des fruits d'espèces ligneuses comme les arbres fruitiers, et aussi de plantes herbacées.

21 - les abeilles résinières géantes (Megachile sculpturalis)

16/08/2021 - allée des Cèdres
 
Ce sont de grosses abeilles mesurant plus de 20 mm qui nous viennent d'Asie, notamment de Chine, de la Corée et du Japon. Signalées à Allauch dans les Bouches-du-Rhône en 2008, près du port autonome de Marseille, à cause du commerce du bois, leur progression a depuis été enregistrée dans 36 départements (recensement du 20/06/2020). Ces abeilles invasives ont l’allure d’une grosse abeille, avec une grosse tête, un abdomen noir, un thorax couvert d’une pilosité dense de couleur rousse et des ailes enfumées. Ces abeilles solitaires nichent généralement dans les trous des troncs d'arbres. N'attaquant qu'en cas de danger, elles peuvent être freinées dans leur expansion par l'élimination des plantes dites exotiques tels que les acacias du Japon.
 
22 - les lygaeidae africains (Spilostethus furcula)

07/03/2023 - corniche de la Coudoulière
 
C'est une espèce de punaise rouge et noire de forme allongée, mesurant entre 9 et 13 mm, originaire d’Afrique. Elle s’est répandue dans les années 1950 aux zones côtières du bassin méditerranéen, d’abord en Espagne, puis en France en 2014. Elle apprécie les endroits herbeux chauds, secs et ensoleillés. On la trouve sur les tomates, daturas, physalis, morelles noires, séneçons... On pourrait la confondre avec la Viole rouge (Spilostethus pandurus), hémiptère autochtone, avec qui elle a de nombreux points communs.
 

Voilà, nous avons fait le tour des insectes venus d'ailleurs, recensés à la Coudoulière. On croise les doigts pour qu'il n'en arrive pas d'autres... aux comportements plus virulents que ceux présentés !

Sources :
 - Insectes de Coudoulière, Wikipedia, Daisie (2), Lien horticole

Photographies :
- photos de la planche d'insectes et du CRP : RHP collection
- autres photos : Insectes de Coudoulière

Notes :
(1) La parthénogenèse (du grec parthenos, vierge et genesis, genèse) est la multiplication à partir d'une cellule reproductrice femelle arrivée à maturité et non fécondée.
(2) DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), organisme qui recense toutes les espèces invasives répertoriées en Europe.

samedi 21 janvier 2023

Les maladies du pigeon

Les maladies du pigeon... et comment y remédier. 

De la famille des Columbidés, le Pigeon biset (Columba livia) peut être considéré comme l'ancêtre du pigeon domestique, particulièrement bien connu et abondant dans nos villes et nos villages. Peu farouches, ils se laissent approcher dès l'instant où on leur jette des graines ou des miettes de pain, ce qui les rend sympathiques.

Pigeon sain (photo RHP Collection)

Contrairement à d'autres Columbidés tels les Pigeons ramiers ou les Tourterelles qui nidifient dans les arbres, les Pigeons bisets élisent domicile dans les structures d'habitation où ils construisent un nid rudimentaire. De ce fait ils occasionnent des dégâts dans les bâtiments car leurs déjections fort corrosives peuvent attaquer toitures et façades, ronger la pierre et le zinc, et dégrader les éléments architecturaux des édifices... sans parler des nuisances olfactives émanant des fientes, lesquelles sont porteuses de germes pouvant être inhalés.

Pigeons nidifiant (photo RHP Collection)

Quoiqu'il en soit, les Pigeons sont vecteurs d’un grand nombre de maladies. Cependant, toutes ne sont pas transmissibles à l’Homme. C’est notamment le cas du coryza (n1) ou de la trichomonose (n2). Dans les élevages de Columbidés et dans les pigeonniers, une bonne gestion parasitaire de leurs hôtes doit s'instaurer pour éviter la propagation de ces maladies. Les pigeons vivant en liberté échappent hélas à tous ces contrôles.

Comment reconnaître qu'un pigeon est en bonne santé ou pas ?

S'il est constamment en train de s'épouiller, c'est qu'il est parasité par des Acariens, des Mouches plates, des Mouches molles et autres parasites. Son plumage, au lieu d'être lisse avec des reflets irisés, est de couleur terne, sale, avec des plumes aux extrémités qui s'effritent. Les caroncules de son nez, à la base supérieure du bec, paraissent boutonneuses.

Pigeon s'épouillant (photo RHP Collection)

Plumes effritées (photo RHP Collection)

Nez infecté (photo RHP Collection)

Lorsqu'on s'approche de lui, le pigeon ne s'enfuit pas immédiatement et va se poser un peu plus loin.
Ce sont là des signes évidents que le pigeon est malade. 

Quels sont les parasites des pigeons ?

Ce sont principalement des diptères piqueurs de la famille des Hippoboscidae qui parasite les oiseaux (pigeons et oiseaux sauvages). De forme aplatie, ils mesurent environ 8 mm. Leurs pattes velues sont terminées par des griffes crochues leur permettant de s'accrocher à leur hôte. Contrairement aux Moustiques dont seule la femelle suce le sang, les Mouches plates du pigeon, mâles et femelles sont des ectoparasites hématophages qui vivent sur leur hôte tout en leur suçant le sang. Ornithomya avicularia est une mouche piqueuse parasite du Pigeon, qui vit surtout dans le Sud de la France et qui peut piquer l'Homme. On peut la confondre avec Pseudolynchia canariensis, appelée aussi Mouche du pigeon, et qui possède les mêmes moeurs.

Ornithomya avicularia posée sur une vitre (photo RHP Collection)

C'est ce diptère que j'ai photographié, posé sur la vitre de ma loggia fermée. La loggia voisine étant ouverte et les résidents absents depuis de nombreux mois, des pigeons y ont élu domicile et nidifié. Nul doute que la mouche plate du pigeon que j'ai photographiée parasitait les pigeons tout près de chez moi.

Ornithomya avicularia face dorsale (photo RHP Collection)

La Tique du pigeon (Argas reflexus) (5) appelée aussi « tique molle » est un parasite de très petite taille qui se propage grâce aux pigeons qui les transportent.

Argas reflexus (photo du site italien Disinfesta)

Les Pigeons infectés qui se posent aux abords des fenêtres, balcons et sur les toits des habitations perdent la tique qui vient ensuite élire domicile dans les combles, greniers et pièces de l’appartement. La Tique du pigeon est différente de celle que vous êtes susceptible d’attraper en vous promenant dans les herbes hautes des champs et forêts. Dangereuse pour l’animal, la Tique du pigeon s’en prend également à l’être humain et peut représenter un véritable danger pour ce dernier. En effet, cette Tique molle est porteuse et vectrice de virus et bactéries pathogènes pour de nombreux animaux et aussi pour l’Homme (6).

Le Pou rouge (Dermanyssus gallinae) est l'acarien ectoparasite hématophage le plus courant chez les Pigeons. Les Poux rouges peuvent être nocifs pour la santé des pigeons car outre la transmission des maladies, ils provoquent des démangeaisons, une perte de plumes et, dans le pire des cas, une anémie. Il s'est avéré que les poux rouges sont un réel danger pour l’homme et un risque pour sa santé. En premier lieu ils convoiteront le sang de vos pigeons, mais aussi celui de tous les vertébrés au sang chaud... y compris le vôtre ! (4)

Dermanyssus gallinae (photo site WikiMedia Commons)

Comme le Pou rouge, le Pou broyeur (Menopon gallinae) est un ectoparasite courant chez les pigeons. La grande différence entre les deux est que les Poux broyeurs se nourrissent des protéines présentes sur les plumes des pigeons et ne sucent donc pas leur sang.

Menopon gallinae (photo site ResearchGate)

La gale déplumante chez le pigeon (8) est due à la multiplication dans les follicules plumifères d'un acarien microscopique "Cnemidocoptes laevis". Le parasite excrète une salive irritante qui provoque des démangeaisons. L'irritation de la peau provoque alors la formation dans le follicule, donc autour du pivot de la plume, d'un petit manchon d'un blanc feutré qui peu à peu distend le follicule. La peau prend alors un aspect verruqueux, granuleux, d'un blanc grisâtre, plus ou moins gras et malodorant.

Quant à la pseudo-gale, elle est due à l'acarien Falculifer qui provoque des cassures des plumes tectrices à 1 ou 2 mm de la peau. Ce parasite vit sur les plumes, le long du rachis.

La présence de vers intestinaux chez les pigeons ne peut être découverte qu'après un examen des selles chez le vétérinaire, lequel pourra déterminer si les pigeons sont infectés ou non.

Les pigeons peuvent-ils être infectés par le virus de la grippe aviaire ? 

En principe oui car tous les oiseaux en général peuvent être porteurs du virus H5N1. Toutefois les spécialistes pensent que les oiseaux d'eau sont plus exposés, car le virus influenza survit bien dans l'eau et résiste moins sur la terre. D'ailleurs très peu de cas de mortalité liés à l'influenza aviaire ont été recensés chez les Columbidés, ce qui nous amène à dire que l'infection par le virus H5N1 chez le pigeon est marginale.

Quelles sont les maladies du pigeon transmissibles a l'homme ?

La chlamydiose (1) encore appelée psittacose ou chlamydiophilose est une maladie due à la bactérie Chlamydiophila psittaci. Cette affection touche les oiseaux, et en particulier les Psittacidés (aras, perruches, perroquets, etc) et les Pigeons. Il s'agit également d'une zoonose grave car la maladie est transmissible au chat et à l'homme. Chez l’homme, elle cause un syndrome grippal grave, qui ne passe pas sans un traitement antibiotique adapté. C’est en partie pour cela que cette maladie doit être détectée précocement et être réellement prise au sérieux.

La paratyphose (2) s'apparente à une salmonellose. Il s’agit d’une infection que l’on retrouve chez beaucoup d’espèces et qui peut présenter plusieurs formes : articulaire, génitale ou intestinale. La transmission de cette infection se fait par contact direct avec l’animal malade, ou par contact avec ses déjections ou avec de l’eau et de la nourriture contaminée. Les symptômes sont nausées, vomissements et maux de tête, symptômes comparables à ceux de la gastro-entérite. Une consultation chez le médecin est donc conseillée en cas d’infection.

L’histoplasmose (2), maladie du pigeon bien connue car étant transmissible par les chauves-souris, est une infection respiratoire dangereuse. Cette dernière est causée par le champignon Histoplasma capsulatum à la suite de l’inhalation de fientes de pigeons infectés. Les symptômes sont fièvre, fatigue et douleur dans la poitrine. Malgré ces symptômes effrayants, soyez rassurés car la plupart des patients touchés par l’histoplasmose sont asymptomatiques. En cas d'apparition de ces symptômes, il faut consulter un médecin rapidement.

La cryptococcose (9) est une infection produite par le champignon Crytococcus neoformans q'on trouve trouve dans les fientes des pigeons. Les êtres humains peuvent la contracter dans les endroits où ils ont été en contact avec les dites fientes, comme près de leurs nids ou près d'un pigeonnier. Les symptômes développés par une personne touchée par la cryptococcose sont toux, fièvre, maux de tête, photo-sensibilité, rigidité au niveau du cou, torsion du cou et méningite. Dans les cas les plus graves, une personne atteinte de cryptococcose peut présenter une infection pulmonaire couplée à de la toux avec du sang, de la fièvre et un mal-être généralisé.

De nombreux microbes (bactéries, levures, virus, etc.) (3) peuvent être hébergés par les pigeons, comme par toute espèce animale d'ailleurs. Les plus fréquemment isolés chez les pigeons d’élevage sont les salmonelles (Salmonella tiphymurium var Copenhaguen) et les levures (Candida albicans).

Quels traitements pour éviter la prolifération des parasites du pigeon ?

Dès l'apparition des symptômes, il convient de déterminer la cause de l'infection et la traiter. Cela est vrai pour les pigeons en élevage ou présents dans les colombiers, mais perd tout son sens dès qu'il s'agit d'animaux vivant en liberté.

Comment réduire la prolifération des Pigeons bisets vivant en liberté ?

Il fut un temps où, dans le domaine de la Coudoulière, l'ASLG avait procédé à l'éradication des pigeons. C'était en 2010. Un exterminateur avait été mandaté et débarrassé les lieux d'un grand nombre de pigeons en les euthanasiant après capture. Ceux qui ont réussi à éviter les pièges mis en place se sont multipliés, et quelques années plus tard, la population de pigeons était revenue à son point de départ. 

Il faut savoir qu'un couple de pigeons peut mener à terme trois couvées par an (de février à octobre) et qu'un nid contient en moyenne 2 oeufs. Sachant que la durée de vie d'un pigeon est de 5 à 10 ans, je vous laisse imaginer le nombre d'individus issu d'un seul couple en une décennie...

Il existe des procédés pour empêcher les pigeons et autres oiseaux de se poser sur les rebords des fenêtres, sur les rambardes de sécurité des loggias et sur les promontoires où ils pourraient nicher. Il s'agit de pics en inox appelés pics anti-pigeons, vendus en réglettes de 50 cm, dont le but est d'empêcher les Columbidés de se poser et de nidifier. Le hic, c'est que les volatiles iront là où ces dispositifs sont inexistants et continueront à procréer. 

Pics anti-pigeons (photo site Excellium antinuisibles)

Il existe une solution écologique à la surpopulation des pigeons en milieu urbanisé. C'est la mise en place d'un pigeonnier dit contraceptif (7), posé sur un mât, en un lieu où les pigeons aiment à se rassembler.

Pigeonniers contraceptifs sur mâts  (photo montages)

L’objectif est de maîtriser le nombre des pigeons plutôt que de les détruire par des procédés coûteux dont l'efficacité reste à démontrer, et ce tout en contrôlant leur état sanitaire. La méthode consiste à regrouper les pigeons dans un pigeonnier où ils trouveront une nourriture saine et où seront concentrées leurs déjections. La régulation des naissances se fait en remplaçant les œufs par des leurres en plastique (n3) et la veille sanitaire en évacuant les oiseaux malades pour éviter toute transmission des germes. 

Ce système écologique a l'avantage de maintenir dans de bonnes conditions la vie animale en milieu urbain ou urbanisé, tout en conciliant les colombophiles et ceux qui, pour diverses raisons, n'aiment pas les pigeons.

Ajout du 21 janvier 2023

Vu  sur des balcons de copropriété près des lacs, des épouvantails en forme de corneille ou de corbeaux pour repousser les couples de pigeons et éviter qu'ils nidifient. Astucieux quand on sait que ces corvidés au plumage noir sont des prédateurs qui n'hésitent pas à se nourrir des oeufs et aussi des pigeonneaux encore au nid !

Corneille noire en métal pour effrayer les pigeons voulant nidifier

Autre épouvantail en forme de corneille en vol pour écarter les pigeons

Autres épouvantails associés à des CD reflétant la lumière du soleil

Répulsif à ultrasons pour éloigner les pigeons

Associés à ces épouvantails, des CD pendus au plafond et émettant des éclats lumineux au gré du vent, s'ajoutent à la panoplie des éléments utilisés pour effrayer les pigeons. Il existe aussi des répulsifs à ultrasons alimentés par électricité... mais gare aux animaux de compagnie se trouvant dans le périmètre d'action de l'appareil !

Sources :
(1) Site Wanimo Veto (wanimo.com)
(2) Site canadien Eexterminateur
(3) Site de Hydeal-hygiene
(4) Site de Finecto
(5) Site de FlashGuards
(6) Site de DKMexperts
(7) Site de Hellopro
(8) Site de Apdcanari
(9) Site de Planète Animal

Notes :

(n1) Qu'il s'agisse du coryza sec ou du coryza humide, ce ne serait pas une maladie mais un syndrome caractérisant un problème d'ordre respiratoire. Les symptômes de ces deux formes de coryza seraient dues à de l’herpesvirose ou à de l’ornithose, maladies nécessitant chacune un traitement spécifique.
(n2) La trichomonose est une maladie très fréquente chez le pigeon. Elle est causée par un parasite invisible à l'œil nu (Trichomonas columbae), qui est un protozoaire muni de flagelles lui permettant de se déplacer.
(n3) Opération à réaliser au maximum une semaine après la ponte. Ainsi les  couples  de pigeons, très fidèles en amour, couveront les leurres en plastique à tour de rôle pendant une vingtaine de jours avant de les abandonner. Penser tout de même leur laisser un ou deux bébés pigeons par an pour éviter que leurs parents ne désertent le pigeonnier.