lundi 13 octobre 2014

L'argile de la Coudoulière

En Provence antique, sous l'influence romaine, les maisons plébéiennes avaient généralement une ossature en bois pour structurer les murs, lesquels étaient faits de pierres et de briques liées avec un mortier composé de sable, d'eau et de chaux. Pour garder la chaleur, ces maisons appelées domus, comportaient peu de fenêtres et étaient chauffées en hiver par des braseros.

Les domus étaient recouverts d'une toiture à faible pente composée de deux types de tuiles en terre cuite : la tegula, servant à évacuer l'eau de pluie, qui est une tuile plate avec des rebords élevés, et l'imbrex, de forme convexe, qui chevauchait simultanément deux tegulae. En provençal, la tuile se dit teulo. ; la tuile de courant, gorgo et celle de couvert, cabucello.

Anciennes tuiles romaines
Ce n'est qu'au Moyen-Age que la tuile romaine est remplacée par la tuile ronde appelée aussi tuile canal. L'avantage de cette tuile, c'est qu'elle a une extrémité plus évasée que celle opposée. De ce fait c'est le même type de tuile qui sert de tuile de courant ou de tuile de couverture, selon qu'elle est posée à l'envers ou à l'endroit.

Anciennes tuiles rondes
Les tuiles, comme les briques, étaient obtenues à partir d'argile pétrie, moulée et cuite au four. Cette argile, extraite avant l'hiver, était travaillée dès l'apparition des beaux jours. Versée dans une fosse, humidifiée, foulée et pétrie aux pied, elle est travaillée à la pelle afin de conserver une bonne homogénéité.

Le séchage des tuiles (Encyclopédie Diderot et d'Alembert)
A ce stade, elle peut être moulée en tuiles ou en briques. Les éléments finis seront mis à sécher en plein air, puis empilés dans un four où ils subiront une cuisson continue et à petit feu. Afin d'obtenir des produits de qualité d'une belle couleur rouge, briques et tuiles poursuivront leur cuisson à température élevée. Puis le four sera éteint et le refroidissement des objets se fera de façon progressive pour ne pas qu'ils se fendillent.

Le moulage des tuiles (Encyclopédie Diderot et d'Alembert)
Le sous-sol de la Coudoulière, quartier de Six-fours à activité viticole et maraîchère, renfermait un important gisement d'argile de grande qualité, qui par endroits, affleurait à la surface du sol. Ce quartier était propice à l'activité de la terre cuite pour trois raisons : la richesse de son gisement d'argile, l'existence d'une nappe phréatique abondante et peu profonde, et enfin l'abondance de bois dans les forêts alentour, source de combustible pour les fours.

La présence de tuiliers à la Coudoulière est attestée depuis le début du XVIIIème siècle, mais je pense qu'ils étaient déjà présents dès le milieu du XVIIème.

Tomettes de terre cuite estampillées du sceau des fabricants
Dans les registres paroissiaux de Six-fours, on peut apprendre que Louis GUIET, décédé à Six-fours le 25 septembre 1693 à l'âge de 68 ans, avait épousé en 1660 Clère GUIGOUNESSE. Potier et thullier de métier, il était le fils de Jean Estienne GUEIT (1600-1662), également thullier, dont il aurait hérité des propriétés.

Louis GUIET, petit-fils de Louis, né le 21 janvier 1720, était cultivateur. Il se maria avec Marie-Anne REY et eut 3 enfants dont François Paul né le 2 avril 1760. Ce dernier, fabricant de tuiles à la Coudoulière, fut marié deux fois et eut 10 enfants.

Ce qui est intéressant, c'est que sur les registres d'état-civil sont mentionnés leurs métiers : fabriquant de tuiles, de briques et de malons (tomettes). Mêmes mentions pour Honoré MIELLE, marié le 8 avril 1788 avec Rose REVEST, décédé avant 1793. Le couple habitait le quartier de Négadoux et avait 3 filles, ce qui explique la disparition du patronyme dans la marque de fabrique.

Une autre famille de fabricants de tuiles bien connue des six-fournais : les enfants de Michel COUPINY, qui possédait à la Seyne une fabrique de tuiles à côté du moulin à huile appartenant à M. GROS. A commencer par Pierre COUPINY, né à la Seyne le 28 avril 1759, qui vint s'établir à Six-fours, ainsi que son frère cadet André Jean, né le 5 mars 1762 à la Seyne, marié, 9 enfants, aussi tuilier à la Coudoulière.

Acte de mariage de André Coupiny avec Marie Thérèse Audibert  (3 juin 1788)
On pourrait s'étonner que les tuiliers n'habitaient pas à proximité de leur fabrique : Négadoux pour la famille MEILLE, Curet Bas pour les Coupiny... Il y a une raison à cela : jusqu'en 1830, date de la prise d'Alger qui a mis fin à une piraterie vieille de trois siècles, la côte méditerranéenne n'était pas de toute sûreté. Les Barbaresques y sévissaient. Ils attaquaient les bateaux de commerce dont ils capturaient l'équipage, et aussi hommes et femmes lors des razzias sur terre. Les prisonniers étaient vendus dans les marchés aux esclaves d'Alger, de Tunis et de Tripoli, zone géographique appelée en ces temps-là : Barbarie.

Maltraitance des prisonniers chrétiens capturés par les Barbaresques (Alger, XVIIIe siècle)
Le cadastre de 1829, dit cadastre napoléonien, concernant la Coudourière, coincée entre la Repentance et le Caladou, montre la division parcellaire du quartier. Des maisons, colorées en rose sur le cadastre, ont été édifiées près du bord de mer, de part et d'autre du vallat (fossé où s'écoulait un ru), là où se trouvaient des fabriques artisanales de tuiles et de briques. Les terres à vocation agricole et les bois sont situées au delà.

La Coudourière dans le cadastre napoléonien de 1829
Le recensement de population de 1896 fait état à la Coudoulière de 13 maisons occupées par 53 habitants dont 7 manœuvres italiens travaillant dans les tuileries. Parmi ces habitants, il y avait Magloire Decugis, 80 ans, propriétaire, qui logeait son neveu François Deloneau, 54 ans, tuilier ainsi que 5 manœuvres italiens ; Toussaint Coupiny, 34 ans, tuilier, qui logeait 2 manœuvres italiens ; Baptistin Decugis, 36 ans, Joseph Ros, 33 ans et Clairin Etienne, 32 ans, tous trois tuiliers.

Première page du recensement de 1896 concernant le quartier de la Coudourière
Pour réduire le poids des tuiles sur les charpentes en bois, se développa à Marseille la fabrication d'une tuile plate à triple emboîtement. Les revêtements des toitures en tuiles plates de Marseille se généralisèrent dans tout le sud de la France, et la production fut aussi vendue sur les marchés étrangers.

Afin d'être productives, les petites usines artisanales firent place à des usines modernes, mécanisées et employant une main d'œuvre importante et spécialisée, dirigées par de grandes sociétés. L'industrialisation du processus de fabrication automatisée d'objets en terre cuite était en marche.

Tuile plate de Marseille (usine l'Abeille à  Saint-André)
Etienne Boyer (1857-1926) était un industriel marseillais. Déjà à la tête de la Société des ciments et chaux Romain Boyer dont l'usine se trouvait à Roquefort-la-Bédoule, il voulait investir dans l'industrie tuilière alors en plein essor.

Ses investigations le menèrent en 1898 à la Coudoulière, là où l'argile affleurant le sol était exploité par trois petites fabriques artisanales. Des sondages du sous-sol révélèrent sur 40 hectares et sur une profondeur de 10 mètres la présence d'une argile d'excellente qualité. Ce gisement se trouvant à proximité de l'anse de la Coudoulière, on pouvait y construire un port pour le transport maritime des produits en terre cuite. Le 28 mai 1900 l'industriel fonde la Société anonyme des Tuileries Romain Boyer au capital de 3 millions de francs.

L'affiche de la Société des Tuileries Romain Boyer
Sitôt formée, la Société achète terrains et immeubles sur une superficie de 45 hectares. L'année suivante est édifiée à proximité de la mer une tuilerie-briqueterie moderne d'une superficie d'environ 40 ares, sur 3 niveaux.

En étage se trouvent les salles de trituration et de malaxage de l'argile, au dessus de l'atelier de fabrication des produits où trônent les presses à tuiles et les machines de mise en forme des briques. Au dessus du four mobile à feu continu Hoffman, sur deux niveaux, se trouvent les séchoirs naturels qui bénéficient de la chaleur du four et de la ventilation grâce aux nombreuses fenêtres orientables.

A la surface occupée par les installations industrielles, il faut ajouter les bâtiments à usage d'habitation pour l'hébergement des ouvriers et leur famille, ainsi que la construction du port dans l'anse de la Coudourière.

Le port de la Coudourière en construction (1901)
Ce port, construit au cours des années 1901-1903, était destiné à accueillir des navires de moyen tonnage (3,50 mètres de tirant d'eau) pour le transport des tuiles et des briques. Un terre plein gagné sur la mer, large de 40 mètres, fut aménagé pour le chargement des bateaux.

L'usine de la Coudourière vue côté sud (1901)
Dès sa mise en service en 1902, l'usine connaît des difficultés dans la fabrication des tuiles plates marseillaises qui sont plus lourdes et moins résistantes que celles produites à Marseille. En 1904, après l'ajout aux terres de la Coudoulière d'une argile marnière extraite à la Cadière, cet obstacle est surmonté, permettant d'accroître la production en qualité et en quantité.

Pour répondre à la demande, l'usine se dote de nouvelles presses plus puissantes, de broyeurs, d'un malaxeur, d'un second four Hoffman, d'un transporteur d'argile et de nouveaux séchoirs.

L'usine des Tuileries Romain Boyer vue de la mer
En 1906 le matériel industriel de l'usine d'Orange est transporté dans l'ancienne briqueterie pour y fabriquer tommettes et carreaux. Le recensement du quartier de la Coudoulière de cette même année fait état de 23 maisons habitées par 37 familles, soit 153 personnes. En 1912 l'effectif de l'usine s'élève à 220 ouviers dont 210 sont Italiens. Cet afflux d'immigrés, surtout des Piémontais, s'explique par la désaffection des français pour ce métier de manœuvre physiquement éprouvant.

En 1914 ce sont 80 personnes qui habitent dans les deux bâtiments de la cité ouvrière dépendante de l'usine, construits autour d'un puits et d'un lavoir.

La cité ouvrière en 1915
Les tuiles fabriquées à la Coudoulière sont transportées à l'aide d'un chaland jusqu'à Marseille, puis transbordées sur des navires au long cours partant vers l'Afrique du Nord et les pays d'outre-mer.

La marque déposée du Cygne s'exportera aussi vers la Turquie, la Russie, les Indes et l'Amérique du Sud. Quant à la production de briques, elle est absorbée en grande partie dans la construction immobilière de l'agglomération toulonnaise.

Jusqu'en 1914, la situation est prospère et les débouchés nombreux.

Le Cygne, symbole de la marque des Tuileries Romain Boyer
C'est alors qu'éclate la Grande Guerre. La mobilisation générale d'août 1914 privera l'usine de sa main d'œuvre, avec pour conséquence l'arrêt complet de l'usine.

De 1916 à 1918, l'usine, malgré un faible effectif, la pénurie de combustibles et le manque de transport, aura une activité partielle. Ce n'est qu'à la fin des hostilités que l'usine produira d'importantes quantités de tuiles, participant à la reconstruction des bâtiments détruits pendant la guerre dans les départements du Nord et de l'Est de la France.

Entre 1922 et 1929 d'autres marchés vers l'Angleterre et l'Amérique du Nord viennent s'ajouter à ceux existant. Afin de développer les capacités de production, l'usine se modernise avec l'achat de séchoirs artificiels pour activer la production hivernale, de pelles mécaniques pour creuser plus profondément le sous-sol et de tracteurs pour le transport des marchandises.

Le port de la Coudoulière est approfondi pour permettre aux navires de faible tonnage de venir directement charger les tuiles.

Déchargement de charbon par les ouvriers de l'usine
Le crash boursier de 1929 mettra fin à cette période prospère. La concurrence italienne et marseillaise sur ce secteur entraîna une baisse des prix sur les marchés, avec en corollaire une diminution des marges bénéficiaires. Dans ce contexte de crise, l'usine réussit à maintenir son activité grâce aux débouchés sur la région toulonnaise et l'Afrique du Nord.

Avec la mobilisation en septembre 1939 d'une grande partie du personnel, l'usine travaillera de nouveau au ralenti. L'année 1944 est catastrophique car les Allemands font évacuer le personnel et le matériel de l'usine. L'usine et les logements des ouvriers seront pillés et dévalisés, et les jetées du port sabotées.

Dès la fin de la guerre, la Préfecture demande la reprise de la fabrication tuilière. Ce n'est qu'en 1948, après la remise en service du port de la Coudoulière et la modernisation de l'usine, que la production atteint un niveau supérieur à celui de l'avant-guerre.

Les nouvelles presses servant à la fabrication des tuiles romanes
En 1950 la Société Romain Boyer acquiert la licence de fabrication de la tuile romane qui est une tuile mécanique galbée ayant une simplicité de pose grâce son double emboîtement et son double recouvrement. L'engouement pour cette tuile s'intégrant dans une architecture respectueuse de la tradition provençale est tel que la production n'arrive pas à satisfaire la demande.

Toit revêtu de tuiles romanes
Mais c'était sans compter sur l'épuisement du gisement de la Coudoulière, compensé certes par l'apport d'argile en provenance des carrières de la Londe et de la Cadière, ainsi que d'un filon découvert à Janas.

En 1967 le déclin de la production, les difficultés d'approvisionnement, la concurrence et la perte de marchés suffirent à conduire à la fermeture de l'usine devenue déficitaire. L'année suivante, en 1968, l'usine de la Société Romain Boyer à la Coudoulière est entièrement démolie.

Démolition de l'usine de la Coudoulière en 1968
Un des vestiges du passé de cette prestigieuse usine est l'ancienne maison du directeur, appelée Maison du Cygne en raison d'un ornement en terre cuite représentant un cygne majestueux en surplomb de la porte palière. Cette Maison abrite actuellement des expositions temporaires d'artistes peintres et plasticiens sous l'égide du Pôle Arts Plastiques de Six-fours-les-plages. Une salle au premier étage est réservée à l'histoire de l'artisanat et de l'industrie de la terre cuite à la Coudoulière.

Tuile et coiffe de cheminée de l'usine de Six-fours exposées à la Maison du Cygne
Autres vestiges, des pans de clôtures de l'usine, le long du chemin de la Coudourière. Ces murets étaient constitués de briques présentant des défauts d'aspect et de tuiles plates dites de Marseille mises au rebut. Pour détecter les défauts cachés d'une tuile, ont les faisait tinter en les entrechoquant. Si elles ne produisaient pas un son clair, cela signifiait qu'elles présentaient une fêlure ou avaient subi une mauvaise cuisson. De ce fait elles ne pouvaient être commercialisées.

Pan de clôture sur le chemin de la Coudourière, près de Pierre et Vacances
Autre pan de clôture sur le chemin de la Coudourière, proche de la Maison du Cygne
Les excavations du sous-sol se sont remplies d'eau et forment de nos jours deux lacs artificiels compris dans le périmètre du domaine de la Coudoulière, lequel compte plus de 2000 appartements répartis en 19 copropriétés. On estime qu'en période estivale la Coudoulière reçoit une population de près de 6000 habitants. On est loin des 53 personnes qui y habitaient, il y a 118 ans...

Sources :

- "L'argile de la Coudoulière" publié par la mairie de Six-fours-les-plages ;
- les archives départementales du Var ;
- les relevés du Groupement Amical des Généalogistes du Var.

Voir aussi sur ce blog :

- les images colorisées des Tuileries Romain Boyer à la Coudoulière
- les ouvriers des tuileries
- la Maison du Cygne

14 commentaires:

  1. Excellent article sur la tuilerie et l'argile qui me fait vous signaler mes chapitres "La poubelle " et "Une sacrée tuile" de mon ouvrage "Amphores" qui vient d'être publié en FJ. J'y fait état de ma découverte d'un chargement de Tégulae et d'Imbrix du IVème siècle av-JC au Rouveau, en 1996, s'agissant de tuiles massaliètes et non romaines qui viendront plus tard.

    RépondreSupprimer
  2. Merci beaucoup pour ce très intéressant retour sur le passé. J'ai connu la tuilerie et le port de 1937 à 1941et j'ai beaucoup apprécié.

    RépondreSupprimer
  3. Bonsoir et merci pour ce beau document très intéressant. Le quartier de la Coudoulière a bien changé.

    RépondreSupprimer
  4. Je ne connaissais pas votre blog, jusqu'à aujourd'hui. Un grand merci. Images de ma jeunesse, terre de mes ancêtres. Lorsque nous étions enfants nous fabriquions des tariettes que nous cuisions. Entourées de paille, on les recouvrait de petit bois. Lorsque le feu commençait, on recouvrait le tout de la terre sèche, puis de la terre mouillée en laissant une petite cheminée afin que le bois se consume. Le lendemain c'était la surprise ... on pouvait jouer à la dinette ...
    L'argile retirée de Janas (des propriétés Arnaud) avait laissé de grands trous. Ces excavations ont servi de dépôts d'ordures pendants des années - moyennant finances et aux grands cris des seynois - Elles ont été recouvertes de terre. Un lotissement à vu le jour bien que le sol ne soit pas stabilisé. Les maisons se fissuraient... Que de procès..... que le temps passe ...
    Bien cordialement.

    RépondreSupprimer
  5. Cet article est vraiment passionnant et l'adresse de votre blog devrait être transmise à tous les habitants de la Coudoulière. Bravo et merci.

    RépondreSupprimer
  6. Merci pour votre excellent travail de recherche. J'ai connu l'usine qui fabriquait les tuiles et des personnes qui y travaillaient. Les logements des employés étaient à proximité de l'usine. Que de souvenirs... Bien amicalement.

    RépondreSupprimer
  7. Excellent travail de recherche ,je possède quelques documents sur la coudouliere qui peuvent vous intéresser pour vos articles.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Solange. Tout ce qui a attrait à la Coudoulière m'intéresse, aussi toute copie numérisée de documents concernant ce quartier serait la bienvenue. Merci de me contacter via le formulaire afin de définir les modalités de réception.

      Supprimer
    2. Bonjour, je suis actuellement en vacances dans l herault, et j ai ramassé des morceaux de tuiles, enfin je pense, refoulées par la mer , lors de la tempete, sauriez vous me dire de quelle epoque elles date, merci !

      Supprimer
  8. Bonjour. Si ce sont des fragments non marqués d'un symbole ou ne comportant pas de mention de la fabrique, il est très difficile de les identifier. Reste à savoir, par leur forme, s'il s'agit de tuiles artisanales ou industrielles. Il faudrait aussi se tourner vers les affaires maritimes pour savoir si un navire transportant des tuiles n'aurait pas coulé au large, lors d'une avarie ou pendant une tempête. S'il s'agit de tuiles "récentes" (avant ou après guerre de 1914-1918), elles pourraient provenir des tuileries de Marseille ou de Limoux, dans l'Aude. S'agissant de tuiles artisanales, elles ne peuvent être identifiées car dénuées de marque de fabrique. Sans parler de l'usure sur l'argile, provoquée par les mouvements de la mer, qui rend impossible leur identification. Plusieurs paramètres (finesse de l'argile, densité, mode de cuisson, etc) peuvent donner des indications sur l'époque de création de la tuile... mais ça c'est une affaire de spécialistes dont je ne fais pas partie.

    RépondreSupprimer
  9. Bonsoir
    J'ai en ma possession des tuiles canal avec estampillées avec une étoile d'autre avec une cigale et d'autre avec un lui
    Je cherche sur internet et je ne trouve rien du tout la maison ou elle ce trouver daté du 18ème

    RépondreSupprimer
  10. Bonjour.
    Pour la tuile estampillée d'une étoile, il est possible qu'elle provienne des tuileries Pierre Sacoman de Marseille Saint-Henri. Dans ce même gisement d'argile il y avait aussi les tuileries Arnaud Etienne et Cie dont l'emblème était une croix pattée templière et celles de Guichard Carvin et Cie dont une tuile est reproduite dans le présent article, estampillée d'une abeille.
    Je n'ai pas trouvé sur le Net de tuile estampillée d'une cigale, mais compte tenu que cet insecte est un emblème de la Provence, c'est dans cette région qu'il vous faudra cibler les recherches.
    Votre maison datant du XVIIIème siècle, élargissez cette recherche sur les gisements d'argile proche de chez vous, même s'ils ne sont plus exploités.

    RépondreSupprimer
  11. Gracias por el informe, tengo una pregunta, ¿por que eligieron como simbolo el cisne, Antoine Sacoman eligió el ancla, Pierre Sacoman el símbolo de la estrella, y Guichar Carvin el símbolo de la abeja ????,

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hola. No sé cómo los sellos fueron otorgados a los fabricantes de azulejos. Parece que la práctica existía en Italia desde el siglo II y ha continuado alrededor del Mar Mediterráneo hasta hoy. En la red, poca información sobre este tema : que lástima...

      Supprimer