mardi 18 juin 2013

Les black-bass de la Coudoulière

En longeant les rives des lacs du domaine privé de la Coudoulière, beaucoup de résidents s'interrogent sur ce poisson au dos sombre, de couleur vert olive, qui a pour nom achigan au Canada (1), plus connu en France sous le nom de black-bass ou de perche noire. Lors de la période du frai, pendant que les femelles attendent à l'écart, le mâle réserve pour la ponte un endroit qu'il garde farouchement. Il n'hésite pas alors à attaquer les poissons qui s'en approchent et aussi les canards en leur mordant les pattes palmées.

Black-bass à l'affût
Le black-bass (Micropterus salmoides) est un poisson originaire de l'Amérique du nord (USA et Canada). En France l'introduction de ce poisson carnassier remonte à 1890. Il existe de nombreuses espèces de black-bass, mais c'est celui à grande bouche qui s'est le mieux acclimaté dans nos eaux. Ce poisson possède un corps ovale, avec une tête représentant le tiers de sa longueur. Il a une mâchoire inférieure proéminente et sa gueule largement fendue lui permet de s'attaquer à des proies volumineuses. Sa nageoire dorsale se compose d'une partie constituée de rayons épineux pour se protéger des prédateurs et d'une partie faite de rayons rameux. Son ventre est de couleur argentée et ses flancs laissent parfois apparaître une bande de losanges noirs.

Black-bass sautant hors de l'eau
La pêche de ce carnassier est qualifiée de sportive tant ce poisson est combattif et puissant dans ses rushes. Quant il se sent pris, il n'hésite pas à jaillir hors de l'eau en une vrille qui lui permet de se libérer quand il est mal ferré. Le black-bass a été introduit dans les lacs de la Coudoulière de façon malencontreuse, pendant les repeuplements en gardons et rotengles. Il a suffi de quelques alevins de black-bass, mais aussi de perches soleils (2) dans les arrivages, pour perturber l'équilibre naturel de nos lacs. En effet les perches noires juvéniles se sont attaquées aux petits gardons, et les perches soleils aux gambusies (3), lesquelles se nourrissaient de larves de moustiques ! Actuellement dans les lacs, il ne reste plus que des gros gardons, des carpes, des tanches, des anguilles, et bien sûr des black-bass qui faute de nourriture "facile" s'attaquent désormais aux perches soleils !!!

Capture de black-bass en juin 2009
Pour enrayer la prolifération des black-bass dans le lac long, il a été fait appel en juin 2009 aux meilleurs spécialistes du black-bass résidant dans le domaine de la Coudoulière. C'est une dizaine de carnassiers qui ont été pêchés, après la période du frai qui intervient dans nos lacs pendant le mois de mai.

Panoplie de leurres souples fournis par Jérôme Palaudoux
Pour ma part je pêche le black-bass avec une canne télescopique Mitchell Predator 350 doté du moulinet m60 de la même marque, et utilise des leurres souples que j'accroche à l'hameçon de mon choix, en fonction de la taille des poissons. Après le lancer, je ramène le leurre par à-coups afin d'imiter un poisson malade au comportement désordonné, ce qui a pour but d'exciter les carnassiers. D'autres pêcheurs préfèrent les poppers ou encore les leurres plastiques en forme de petits poissons, qu'ils soient articulés ou non. D'autres privilégient la pêche au poisson manié ou encore celle au vif. Tout est une question de choix et de technique...

Black-bass pêché en juin 2013
Dans nos lacs il reste encore de gros spécimen, et aussi d'autres de taille moindre qui vont assurer le repeuplement. On les voit nager, indolents mais méfiants, à la recherche de proies substantielles... mais attention leur pêche est uniquement réservée aux résidents du domaine de la Coudoulière, propriétaires des lieux ! Qu'on se le dise...

(1) achigan : nom canadien français dérivé de l'algonquin « At-Chi Gane » qui signifie "celui qui se bat"
(2) perche soleil (Lepomis gibbosus) : poisson également originaire d'Amérique du nord, introduit en Europe en 1886 comme poisson d'agrément
(3) gambusie (Gambusia affinis) : originaire aussi des Etats Unis, elle a été introduite dans de nombreuses eaux douces des pays chauds pour lutter contre la prolifération des moustiques car elle se nourrit de leurs larves

1 commentaire:

  1. Les black-bass ne seraient pas arrivés de façon accidentelle dans les lacs de la Coudoulière. Aux dires de certains copropriétaires, dix black-bass auraient été introduits par un pêcheur sportif qui les auraient capturé dans un des lacs de la banlieue lyonnaise.

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