vendredi 7 décembre 2012

Un renard à la Coudoulière

La Coudoulière, ce n'est pas que le bord de mer. Dès qu'on s'éloigne du littoral, on y trouve des jardins, pinèdes, bois et forêts où vivent une multitude d'oiseaux, de nombreux petits mammifères tels que écureuils, hérissons, rats des champs et souriceaux, et des reptiles comme les couleuvres et lézards, pour ne citer que les plus communs. Il y a bien des sangliers qui font des incursions nocturnes dans les rues de Six-Fours, mais ils sont cantonnés autour du Fort et dans le secteur de la Pépiole et je ne pense pas qu'on verra un jour sangliers et marcassins trottiner le long de la corniche de la Coudoulière...

Animaux observés à la Coudoulière
J'avais oui dire par le passé que des renards venaient la nuit dans le domaine de la Coudoulière pour chasser et se nourrir des canards et poules d'eau nidifiant au bord des lacs. C'était avant le remplacement des anciens grillages par des grillages en panneaux rigides. Maintenant, on en a la certitude : les renards continuent à pénétrer dans le domaine en empruntant le chemin de la Coudourière. Je pense qu'ils gitent dans des terriers qu'ils ont creusé, soit dans le bois communal de la Coudoulière (mais j'en doute), soit dans la forêt de Janas, proche et plus dense.

Renard photographié dans le domaine de la Coudoulière
 Le 2 décembre, vers 19h30, mon ami Bernard, photographe animalier, a voulu tester la fonction infrarouge de son nouvel EOS. Il s'est rendu près des lacs de la Coudoulière en espérant photographier de nuit quelques canards, et là il a surpris dans son objectif ce jeune renard roux (Vulpes vulpes) venu y chercher pitance. Maintenant on a la preuve que des renards viennent chercher nourriture dans notre quartier. A noter que la photo infrarouge originale a été colorisée pour obtenir un meilleur rendu visuel.

Le renard est considéré par les chasseurs comme un animal nuisible dans la mesure où il s'attaque à des animaux introduits par l'homme dans leurs réserves, et considéré par d'autres comme un animal utile puisqu'il se nourrit de campagnols, rats et surmulots. Pour éviter toute polémique sur le sujet, je me réfèrerai à l'arrêté du 2 août 2012 pris pour l'application de l'article R. 427-6 du code de l'environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces d'animaux classées nuisibles. Ont donc été classés animaux nuisibles pour l'ensemble du département du Var : le renard, le geai des chênes et l'étourneau sansonnet.

A prendre avec sérieux l'échinococcose alvéolaire (1), maladie rare qui peut être grave, transmise à l'homme après ingurgitation de végétaux et baies rouges souillés par des excréments de renards, et aussi la leishmaniose canine (2), la gale, la méningite et la maladie de Lyme (3). Enfin, comme le loup, le blaireau et autres carnivores, le renard peut être vecteur de la rage (4). Inutile de vous alarmer car ces maladies sont extrêmement rares, et si par hasard vous rencontrez un renard au détour d'un chemin, sachez qu'il détalera aussitôt car il aura encore plus peur de vous... que vous de lui !


(1) les zones d’endémie de l'échinococcose alvéolaire connues en France métropolitaine sont le Massif Central, la Franche-Comté, la Lorraine et les Alpes (source : Ministère des Affaires Sociales et de la Santé)
(2) la leishmaniose canine a contaminé tout le pourtour méditerranéen, notamment les Alpes maritimes où 2000 cas d'animaux domestiques atteints ont été recensés en l'an 2000 (source : AGRDP06)
(3) voir "les risques liés aux zoonoses du renard", document PDF accessible sur le site de l'Association de Gestion et de Régulation des Animaux Déprédateurs et Prédateurs des Alpes maritimes (AGRDP06)
(4) la rage ne touche pour l'instant que l'est de l'Europe. En France l’épizootie de rage vulpine a pu être éradiquée grâce à la vaccination orale des renards, distribuée sous forme d’appâts (source : Institut Pasteur)


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